Question aux candidats aux régionales

la lettre suivante a été envoyée à toutes les têtes de liste du Tarn et Garonne pour les élections régionales:
Sylvia Pinel (PS/PRG), Thierry Deville (LR), Serge Regourd (Nouveau Monde), Thierry Viallon (FN), Rose Cambon (Citoyens du Midi), Gérard Jaeger (Nouvelle Donne), Jérôme Piques (Le bien commun PNO)
« Le Conseil Régional aura un rôle accru dans le secteur de la santé et en particulier sur les hôpitaux publics. Un aménagement bien compris du territoire exige le respect des structures hospitalières de proximité, dans des secteurs géographiques dont la population augmente et où le nombre de médecins libéraux tend à se réduire.
Depuis bien des années, le Comité de Défense du CHICM, avec les élus, les personnels, la population, se bat pour maintenir et développer les services hospitaliers essentiels à la population.
Nous n’avons pu éviter la fermeture de la maternité en 2003, mais nous avons sauvé le service des urgences et le service chirurgie, plusieurs fois menacés de fermeture partielle ou totale.
Aujourd’hui ces services marchent bien, ont une activité qui progresse et disposent d’un personnel médical et infirmier disponible et compétent.
Depuis la Loi Bachelot qui n’a pas été supprimée, la recherche d’économie se traduit par des restructurations dont pâtissent les petits établissements.
La volonté de fusion des établissements dans un même département (en Tarn et Garonne, Montauban et Castelsarrasin-Moissac), a montré, à travers quelques expériences vécues localement que cela se traduisait par un risque majeur de fermeture des services de l’établissement le plus petit, en l’occurrence celui de Castel-Moissac.
Le Comité de Défense est vigoureusement hostile à cette volonté de restructuration car nous sommes très attachés à l’existence et au développement des services urgences et chirurgie dans notre centre hospitalier.
Nous aimerions connaître votre position sur cette question à l’occasion des élections régionales pour lesquelles vous êtes candidats.
Votre position sera diffusée auprès de nos adhérents.
Nous vous prions d’accepter nos plus sincères salutations. »
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Hôpital : Discours de Jean-Paul Nunzi – 07 Octobre 2015

Le Comité de Défense est indispensable à la sauvegarde de l’hôpital.

La bataille pour la sauvegarde de notre hôpital a plus de 30 ans.

Dans beaucoup de villes de 10 à 25000 habitants, les maternités, les services chirurgie, les services d’urgences ont été supprimés au cours de ces dernières décennies.

Moissac a résisté. D’abord en créant le centre hospitalier intercommunal Castel-Moissac, par la fusion des 2 hôpitaux de Castel et de Moissac,( il n’y avait plus, ni chirurgie, ni urgences à Castel), donnant ainsi une assise de population de l’ordre de 30 à 40000 habitants.

Ensuite par la mobilisation et les actions vigoureuses menées par le Comité de Défense avec les élus, les personnels de l’hôpital et la population, à chaque menace sérieuse – et il y en a eu…

Sans lui, il n’y aurait plus à Moissac, ni chirurgie, ni urgences.

Ce Comité de Défense refuse la soumission à un parti politique quel qu’il soit.

Beaucoup d’entre vous ont souhaité réactiver le comité de défense et m’ont demandé, étant donné ma longue expérience du combat dans ce domaine, d’en prendre la présidence, ce que j’ai accepté parce que les menaces sur les services de notre hôpital sont réelles.

Ce comité de défense est composé d’hommes et de femmes venus de divers horizons. Personnellement, j’ai des convictions mais ne suis depuis pas mal de temps dans aucun parti politique, comme d’ailleurs la plupart des membres du bureau du comité de défense. Ca n’empêchera pas le comité de dénoncer certaines décisions gouvernementales si elles mettent en danger notre hôpital. C’est ainsi que nous désapprouvons ce gouvernement pour la décision d’économiser 3 milliards en 3 ans sur les hôpitaux, alors que le secteur hospitalier (en particulier le nôtre) a beaucoup fait ces dernières années pour réduire ses dépenses et ses déficits, et cela au prix d’un effort important des personnels hospitaliers. Pour réduire davantage les dépenses, il faut, à un moment donné, réduire ou supprimer un service

Ce souci de défendre l’hôpital quelle que soit la majorité politique en place au niveau national en place, m’autorise aujourd’hui à mettre en garde contre des

responsables politiques qui promettent de faire des dizaines de milliards d’euros d’économie sans préciser les secteurs concernés (l’éducation, la santé, la sécurité ?).

Les gouvernements successifs avec plus ou moins de brutalité, ont demandé aux ARS de mettre en œuvre ces réductions de dépenses et les petits établissements hospitaliers ont fait et font les frais pour l’essentiel de ces restructurations à caractère économique.

Nous n’avons pu éviter la fermeture de la maternité quelques mois après les élections législatives de 2002 que j’ai perdues, ce qui a fragilisé Moissac sur le problème de la maternité. Période sombre pour bon nombre de maternités, de services chirurgie ou d’urgence, le gouvernement Raffarin de l’époque et son ministre de la santé, jean François Mattéi ayant accéléré le rythme des fermetures.

L’hôpital : équipement essentiel à la sécurité sanitaire de la population de notre bassin de vie :

Ce bassin de vie a la chance de disposer d’un établissement hospitalier de très grande qualité, grâce à la compétence et à la disponibilité des équipes chirurgicales et médicales (chirurgiens, anesthésistes, médecins, infirmiers). Cet outil est d’autant plus nécessaire que la désertification médicale s’aggrave dans notre région. Certains médecins partent en retraite et ont beaucoup de mal à se faire remplacer. Certains cantons du bassin de vie n’ont plus de médecins. D’où la place essentielle de l’hôpital pour la sécurité sanitaire de la population. Tant de vies ont été sauvées grâce à l’hôpital. Beaucoup parmi vous pourraient en témoigner…

Le service des urgences va être reconstruit :

Nous avons obtenu de haute lutte en 2011-2012 de l’ARS le soutien financier pour la reconstruction du service des urgences. 3 millions de subvention ont été attribués depuis 4 ans pour la démolition et la reconstruction des urgences estimées à 3,2 millions d’euros.

Ce chantier va démarrer incessamment.

On pourrait penser qu’avec 15000 admissions par an, et les travaux de reconstruction en cours, on est à l’abri des menaces de fermeture partielle ou totale des urgences.

Malgré cela, croyez-moi, il faut être vigilant !

La menace : la fusion des établissements hospitaliers Montauban et Castel-Moissac :

La loi Bachelot, qui vise à restructurer les établissements, à faire fusionner dans les départements les petits hôpitaux avec les plus gros, reste d’actualité. Et le nouveau projet de loi de madame Marisol Touraine en discussion actuellement au Sénat rend obligatoire « les groupements hospitaliers de territoires ». La tentative de pousser à une fusion entre l’hôpital de Montauban et celui de Castel Moissac existe donc toujours.

Les expériences de coopération tentées ces dernières années entre hôpitaux de Montauban et de Castel Moissac dans certains domaines sensibles, en particulier la chirurgie, ont été négatives. Ce sont les chirurgiens, les anesthésistes en poste à Moissac qui ont vécu ces expériences et qui en témoignent. On peut imaginer les dangers d’un regroupement des 2 établissements. Cette fusion entraînerait presque immanquablement la fermeture du service chirurgie chez nous.

C’est ce risque réel qui justifie notre opposition farouche à cette restructuration. Mais elle est plus ou moins à l’ordre du jour, à travers les études téléguidées engagées pour le compte de l’ARS qui ont pour but de préparer le terrain et les personnels à la fusion des établissements. Ne doutons pas que la nécessité qu’aura l’ARS de faire les économies exigées par l’Etat ne se traduise par une attaque de notre petit établissement.

Seule la mobilisation forte de la population de notre secteur peut permettre d’enrayer ce processus.

C’est pourquoi nous sommes là, c’est pourquoi vous êtes là.