Réponse lutte ouvrière

Sandra Torremocha

Liste « Lutte Ouvrière, Faire entendre le camp des travailleurs »

Le 29 novembre 2015

à Jean-Paul NUNZI

Comité de Défense du Centre Hospitalier Castelsarrasin-Moissac

Monsieur,

J’ai bien reçu votre courrier me demandant ma position sur la restructuration subie par votre hôpital ainsi que les petits établissements publics de santé.

Vous n’ignorez pas que je représente un courant minoritaire et qu’il y a peu de chance que je sois élue. Je ne vous abreuverais pas de promesses, comme en sont friands les politiciens chasseurs de voix qui une fois élus oublient leurs engagements.

J’ai cependant une opinion sur les problèmes qui motivent l’action de votre association.

Je suis opposée au plan national de 3 milliards d’économies dans la Santé prôné par le gouvernement et qui va se traduire, en région Midi-Pyrénées, par 10 millions d’économies d’ici 2017. Cela va entraîner de nouvelles fermetures de services et des suppressions d’emplois, au détriment du personnel et des malades, et pas seulement dans les petits établissements..

Vous n’avez pu éviter la fermeture de votre maternité en 2003. La maternité de Lourdes a fermé ses portes, elle, le 1er octobre. Celles de Decazeville, Ste Afrique et St Girons sont menacées. Seule la mobilisation des usagers a permis leur maintien jusqu’à présent.

Quant aux services d’urgence, un rapport préconise la fermeture de 10 d’entre eux dans la région, dont ceux de Lavelanet et St Girons en Ariège, Decazeville et Ste Afrique dans l’Aveyron, Gourdon et St Céré dans le Lot, Condom dans le Gers, Bagnères de Bigorre dans les Hautes-Pyrénées.

Et pour justifier cette cure d’austérité, on nous sert l’endettement du service public de santé. Mais d’où vient-il cet endettement sinon des désengagements de l’Etat?

Au CHU de Toulouse par exemple, de nouveaux bâtiments, à la pointe de la technologie, ont ouvert. Le CHU a dû emprunter auprès des banques pour financer ces investissements et doit payer 15 millions d’intérêt chaque année, ce qui fait autant d’argent en moins pour le fonctionnement et les emplois. Mais les banquiers et les patrons des entreprises du bâtiment, eux, ils se frottent les mains.

Tout cela a des conséquences sur les conditions de travail des soignants, avec des suppressions de postes malgré une activité en hausse, avec la privatisation de nouveaux secteurs (bionettoyage et maintenant le brancardage), avec les absences et les départs non remplacés.

Au final, ces milliards d’économies sur la santé vont continuer d’aller « soigner » les actionnaires des grandes entreprises, des Vinci, Bouygues, Sanofi, etc.

Car la préoccupation essentielle de ces institutions, celle de l’Etat comme du Conseil régional, c’est de mettre les caisses publiques, au service des grandes entreprises.

Sous prétexte de se préoccuper du développement économique, ils participent à cette politique qui consiste à nous faire croire qu’il faut aider les entreprises pour qu’elles embauchent.

Et force est de constater que ce détournement des fonds publics vers les entreprises n’a aucune influence sur le chômage. Les nombreuses aides, à l’innovation, à la recherche, à l’exportation, à la formation, à l’aménagement, à l’investissement, etc. se chiffrent en milliards, et s’ajoutent aux confortables profits qu’ils tirent des marchés publics. Et … le nombre de chômeurs continue de progresser.

Vous comprendrez donc que je suis totalement solidaire de votre combat.

J’ajouterai également pour votre information ce que tenons à dire dans cette élection.

Et en particulier que les travailleurs auraient tort de compter sur le Conseil régional pour les protéger, pas plus que sur le gouvernement, et quelles que soient leur couleur politique.

Ils ne doivent compter que sur leurs luttes collectives, leurs mobilisations sociales pour imposer leur droit de vivre décemment aux décideurs capitalistes, en exigeant que les profits présents ou passés servent à protéger les emplois et les salaires, en imposant l’interdiction des licenciements et le partage du travail entre tous avec maintien du salaire, en réclamant l’augmentation des salaires et des pensions, en exigeant le contrôle des comptes des groupes capitalistes.

C’est pour populariser cet aspect de notre programme et faire entendre les intérêts immédiats des travailleurs que nous nous présentons dans cette élection régionale. Le sens de la campagne de la liste « Lutte Ouvrière-Faire entendre le camp des travailleurs » est également de montrer qu’il y a des travailleurs qui ont compris que les grands partis ne représentent pas leur camp et qu’ils sont conscients d’avoir des intérêts de classe à défendre.

Il s’agit pour nous d’affirmer également notre conviction communiste, que l’avenir ne peut pas être ce monde hérissé de frontières et parsemé de dictatures féroces, ce monde où une minorité richissime emprisonne l’essentiel de l’humanité dans un océan de misère et de souffrances.

Recevez mes salutations

Sandra Torremocha

 

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